Les ressources apicoles du rucher.

Les ressources apicoles du rucher.

Il est important pour nous de voir si l’environnement du rucher propose suffisamment de ressources apicoles, si elles sont réparties de manière homogène durant toute l’année ou si à l’inverse il est constaté des « vides » en ressources disponibles, qu’il sera facile de combler lors des aménagements futurs pour garantir l’approvisionnement apicole nécessaire au bon développement des colonies.

Une simple banque d’images avec un diaporama nous a paru dans un premier temps comme une bonne méthode, pragmatique et rapide.

 

L’art de la séduction…

La plupart des plantes ont besoin de tiers pour transporter leur pollen vers des fleurs de sexe opposé, et ainsi provoquer leur fécondation.

Ces plantes se classent alors en deux catégories bien distinctes :

– d’une part celles qui sont anémophiles, qui comptent donc sur le vent pour transporter leur pollen. Les grains de pollen sont légers, fins et lisses, et la floraison des plantes est souvent discrète. Ainsi, le pollen des conifères, des graminées, ou encore de certains arbres comme l’aulne, le bouleau ou le noisetier est transporté par le vent. C’est ce pollen-là qui est responsable des fameuses allergies saisonnières. Chez les plantes anémophiles, la distance entre deux individus ne doit pas être trop importante pour permettre la fécondation croisée (quelques dizaines, voire centaines de mètres).

– d’autre part les plantes entomophiles, qui comptent essentiellement sur les insectes qui, en butinant une fleur après l’autre, dispersent le pollen et permettent la fécondation d’une fleur par le pollen d’une autre fleur de la même espèce. Les insectes y trouvent la plupart du temps de la nourriture (du nectar et/ou du pollen) : en butinant la fleur, leur corps, souvent velu, se frotte aux étamines et se couvre de grains de pollen lourds et collants, munis de petites aspérités. L’insecte s’envole ensuite avec son bagage de gamètes mâles, qu’il ira déposer sur le pistil d’une autre fleur. Le pollen peut être ainsi transporté sur plusieurs kilomètres de distance.

Les plantes entomophiles doivent donc déployer des trésors d’ingéniosité pour que leurs fleurs attirent les insectes. Leurs armes de séduction s’appuient sur deux sens :
l’odorat et la vue.

De loin ils sont attirés par les parfums des fleurs qu’ils perçoivent grâce à leurs antennes.
De près en revanche, c’est la vue qui prime.

 

Les odeurs
Les papillons sont les champions de l’olfaction, particulièrement les espèces nocturnes. Ce qui leur permet de féconder des végétaux à pollinisation nocturne comme le chèvrefeuille ou le tabac dont l’intensité des parfums est maximum la nuit. La diffusion s’arrête dès que la fleur est fécondée.

Mais le parfum joue aussi son rôle durant la journée :
les insectes apprennent à reconnaître le parfum de chaque fleur (constitué d’une association de plusieurs molécules odorantes, qui rend chacun unique), et l’associent à la présence de nectar, de pollen ou de cires odorantes, dont ces insectes se nourrissent.
Parmi les fleurs nectarifères les plus parfumées, citons le faux-acacia (robinier), le buddléia ou encore le tilleul… Cependant, les fleurs nectarifères ne sont pas forcément parfumées.

 

Les couleurs
Les insectes, tels que les abeilles, ont une vision particulière due à leurs yeux à facettes. Ainsi ils ne perçoivent que trois couleurs, le bleu, le vert et l’ultra-violet, plus trois teintes intermédiaires et le blanc et le noir.
Par contre ils ne distinguent pas le rouge (le coquelicot leur apparait ainsi « ultra-violet »), ni les couleurs claires des foncées. Les fleurs prennent donc un affichage tout particulier pour les butineurs : certains pétales que nous voyons unis sont balisés par des lignes et des taches qui convergent vers le cœur de la fleur leur indiquant le chemin des étamines et des zones riches en nectar (exemple de l’onagre).

D’autres encore changent de couleur après la fécondation prévenant ainsi les insectes que leur visite n’est plus nécessaire  (exemple du marronnier).

Certains papillons ou chauve-souris nocturnes sont capables de polliniser des fleurs la nuit :
on pense qu’ils sont attirés par une lumière U.V émise par la plante.

 

Les formes
Des corolles : large, étroite …
Des fleurs imitant la forme femelle de l’insecte (leurre sexuel) : des ophrys qui attirent les abeilles mâles se livrant à une pseudo-copulation qui les couvre de pollen.
Certaines fleurs se regroupent pour former de vastes inflorescences bien visibles : ex des ombellifères (carotte…).

D’une manière générale pour attirer les pollinisateurs (abeilles, bourdons, mouches, guêpes, papillons, cétoines et autres petits scarabées…), il faut constituer des haies ou des massifs floraux.

On orientera ses choix vers les espèces mellifères riches en pollen et nectar :
les asclépiades et le solidago, les asters, le nepeta, caryopteris, bruyère, centaurée, giroflée, primevère, souci, tanaisie , camomille, achillée millefeuille, millepertuis, mauve, phacélie, sédum…

Les plantes aromatiques sont précieuses, je vous conseille le romarin, la lavande, le thym et la sarriette mais aussi l’aneth, l’angélique, la mélisse, le fenouil et la sauge.

Le choix le plus judicieux consiste à offrir des plantes variées telles que des vivaces, des annuelles, des plantes aromatiques et grimpantes de même que des arbustes. Tous les arbres fruitiers sont intéressants pour les abeilles particulièrement les cerisiers et les pommiers et les pruniers pour leur floraison hâtive. Pour tous les fruitiers, l’abeille exerce une fonction importante en termes de pollinisation. En l’attirant vous récolterez plus de fruits.

Privilégiez les espèces à fleurs simples. Leur nectar est plus facilement accessible et il est généralement produit en plus grande quantité.

Planifiez vos plantations afin d’assurer une floraison continue de mai à octobre. Vous retiendrez ainsi des papillons chez vous tout au long de la belle saison en leur offrant un approvisionnement ininterrompu en nectar.

Comme atout, ajoutez à votre rucher quelques espèces « vedettes » qui sont particulièrement attirantes pour les papillons, comme l’eupatoire maculée, l’asclépiade, le lantana commun et le Buddleja davidii, afin d’augmenter vos chances de succès.

On évitera bien sûr les espèces à fleurs stériles ou doubles de plus en plus nombreuses dans le catalogue horticole moderne.

Il est aussi intéressant d’utiliser la flore sauvage locale dans nos ruchers, que l’on trouve facilement aujourd’hui sous forme de « jachères mellifères ».

Un espace des fleurs sauvages sera souvent plus utile aux abeilles que les plantes horticoles :
trèfle blanc, pâquerettes, pissenlits, lotier…

Le lierre est aussi intéressant car il fleurit à l’automne, sa floraison intervient à un moment où le nectar se fait rare et lorsque les abeilles se préparent à l’hivernage.

N’oublions pas qu’il est important également de favoriser l’habitat ou la nidification des pollinisateurs sauvages : petit coin de terre nue avec compost, vieux tronc ou souche d’arbre ou encore hôtel à insectes de votre fabrication…

Il convient également, bien entendu, de proscrire tous les pesticides.

 

 

Du nectar pour les abeilles de mars à octobre :

Pissenlit > Mars, avril, mai, juin, juillet
Prunellier > Mars, avril, mai
Cerisier > Mars, avril
Pâquerette > Mars, avril, mai, juin
Primevère > Mars, avril, mai, juin
Pommier > Avril, mai
Giroflée > Avril, mai, juin, juillet
Sarriette > Avril, mai, juin, juillet, août, septembre
Robinier > mai, juin
Romarin > Mai, juin
Trèfles > Mai, juin, juillet, août, septembre
Lotier > Mai, juin, juillet, août, septembre
Nepeta > Mai, juin, juillet, août, septembre
Troène > Juin, juillet
Asclépiades > Juin, juillet, août
Lavande > Juin, juillet
Souci > Juin, juillet, août, septembre, octobre
Tanaisie > Juillet, août
Centaurées > Juillet, août, septembre
Phacélie > Juillet, août, septembre
Bruyères > Juillet, août, septembre
Sauge > Juillet, août, septembre
Verge d’or > Juillet, août, septembre, octobre
Caryoptéris > Août, septembre
Aster > Août, septembre, octobre
Lierre > Septembre, octobre
Sedum > Septembre, octobre


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